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Tout savoir sur la qualité d’air intérieur

03/03/2022

Chaque jour, nous respirons 20 000 litres d’air

La qualité de l’air est la 2ème préoccupation environnementale des Français juste après le réchauffement climatique1.

L’exposition aux particules fines dues au trafic routier ou à la pollution urbaine et industrielle est depuis longtemps un sujet de préoccupation en matière de santé publique.

Pourtant, notre attention ne devrait pas se concentrer uniquement sur la pollution de l’air extérieur.

Depuis plusieurs années, on assiste à une dégradation de la qualité de l’air intérieur sous l’effet de nos modes de vie, des nouveaux matériaux de décoration et d’ameublement, et même des nouvelles normes de construction.

L’air intérieur : 8 fois plus pollué que l’air extérieur

D’après l’Anses, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, nous passons 85% de notre temps dans des milieux clos : moyens de transport, lieu de travail, école, logement…

Or, au sein de ces espaces fermés, nous sommes exposés à des polluants présents dans l’air, avec un risque avéré pour notre santé.

La qualité d’air intérieur n’est pas seulement altérée par les résidus de pollution extérieure.

Appareils à combustion, matériaux de construction, produits de décoration (peinture, colles, vernis…), meubles, activité humaine (tabagisme, produits d’entretien, bricolage, cuisine…), présence d’animaux domestiques… Tous ces facteurs contribuent à dégrader notre qualité d’air intérieur.

Les 4 polluants types de l’air intérieur

  • Les polluants chimiques
  • Composés Organiques Volatils issus des matériaux de construction, de décoration ou des produits d’entretien 
  • Les formaldéhydes : cette substance irritante et cancérogène est utilisée dans la fabrication de colles, liants ou résines. On les retrouve principalement dans les environnements intérieurs et notamment dans les panneaux de particules, de fibres, de bois agglomérés, dans les peintures à phase « solvant », dans les émissions produites par les livres et magazines neufs, la fumée de tabac, et même dans les photocopieurs…
  • Les hydrocarbures, notamment le benzène, une substance cancérogène aux effets hématologiques. Il est utilisé comme solvant dans l’industrie chimique. On le retrouve dans les produits de bricolage, de construction et de décoration comme les encres, les moquettes ou les colles, dans certains ameublements, dans la combustion du bois, dans les fumées de tabac, d’encens ou de bougies…
  • Les polluants biologiques ou biocontaminants

Agents infectieux, bactéries, virus, moisissures, pollens, insectes et acariens dont le développement est favorisé par l’humidité et la chaleur.

  • Les polluants liés à la présence humaine

Dioxyde de carbone (CO2),  particules fines (PM pour Particulate Matter, en anglais) et l’humidité

  • Les polluants de l’air extérieur

Pollens, certaines poussières et particules fines (PM pour Particulate Matter,en anglais), le dioxyde de carbone (CO2), les oxydes d’azote (NOx).

Le paradoxe de l’écoconstruction

Les bâtiments émettent leurs propres polluants volatils voire semi-volatils à travers les matériaux de construction, les matériaux d’ameublement et de décoration ou encore les produits de nettoyage. 

Or les nouvelles normes écologiques (RT 2005, RE 2020) poussent à construire des bâtiments toujours plus étanches pour réduire la consommation énergétique. La loi Elan a ainsi posé un objectif de réduction de la consommation d’énergie de 60% dans le tertiaire d’ici 2050. 

C’est tout le paradoxe de la démarche : en supprimant les courants d’air et en diminuant la porosité de l’enveloppe du bâti à l’air extérieur, les bâtiments sont devenus parfaitement isolés. 

En l’absence d’un système performant de ventilation ou d’aération, les polluants s’accumulent et la qualité d’air intérieur se dégrade.

Chez certaines personnes sensibles, on constate même un « syndrome du bâtiment malsain » : maux de tête, fatigue, irritation des yeux, du nez, de la gorge et de la peau, vertiges, manifestations allergiques, asthme, etc. 

L’OMS estime que 30% des bâtiments neufs ou rénovés sont “malsains”.

Et ce n’est qu’un des nombreux effets sur la santé causés par la pollution de l’air intérieur. 

Comment la qualité d’air intérieur impacte notre santé ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la pollution de l’air intérieur et extérieur serait la 4eme cause de mortalité dans le monde

  • La mauvaise qualité d’air intérieur serait à elle-seule, responsable de 4,3 millions de décès prématurés par an.
  • 28% des AVC seraient dus à un air intérieur pollué, toujours d’après l’OMS.
  • 17% des cancers dans le monde 


En France, le coût social de la mauvaise qualité d’air intérieur est évalué à
19 milliards d’euros par an ! Et la pollution de l’air intérieur serait responsable de 48’000 décès prématurés par an.

Au quotidien, une mauvaise qualité d’air intérieur peut être responsable de :

  • maux de tête
  • troubles de la concentration
  • irritations de la peau et des yeux
  • somnolence


Mais elle peut aussi entraîner des pathologies plus graves comme de l’asthme, des allergies respiratoires, des intoxications mortelles ou invalidantes…. 

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables du fait de leurs systèmes immunitaire et respiratoire en développement.

Les particules d’un diamètre inférieur à 3 microns pénètrent dans les voies respiratoires et ont un impact direct sur l’asthme.

Les particules avec un diamètre inférieur à 1 micron peuvent même pénétrer le flux sanguin : c’est le cas de certains virus et bactéries comme le SARS-CoV-2.

Comment les virus se propagent dans l’air intérieur ?

La pandémie de SARS-CoV-2 a fait prendre conscience du risque de transmission aéroportée du virus. 

En dehors d’un contact direct ou de la contamination par les surfaces, l’air joue en effet un rôle clé de “véhicule” pour le virus. Il lui  permet de se déplacer d’un individu contaminé à un individu sain :

  • Par un nuage de gouttelettes respiratoires : émises par un individu qui parle ou tousse, elles ont une taille supérieure à 5 µm. Leur durée de vie dans l’air intérieur est limitée. Elles retombent rapidement au sol et une distance suffisante entre deux individus permet de limiter le risque de contamination.
  • Par aérosolisation : les gouttelettes peuvent s’évaporer et se transformer en particules solides: les aérosols. Ils ont une taille inférieure à 10 µm et peuvent rester en suspension dans l’air pendant plusieurs heures selon la température, le taux d’humidité relative et les mouvements d’air dans la pièce. Les aérosols peuvent aussi parcourir une distance supérieure à plusieurs mètres. 


La quantité de particules émises est évaluée à 1 000 par seconde en cas de paroles et peut atteindre 10 000 en cas de toux. 

Dans son avis du 14 avril 2020, le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) déclarait : 

« la transmission aéroportée, par exposition à des gouttelettes plus fines et des particules sous forme d’aérosols contenant le virus peuvent rester en suspension dans l’air sur de longues distances et dans le temps (typiquement en heures) ».

Pour éliminer les virus présents dans l’air, de nombreux établissements recevant du public (ERP) se sont équipés de purificateurs d’air, en complément d’un dispositif de surveillance de la QAI.

La surveillance de la qualité d’air intérieur : une obligation pour les ERP

Les ministères de l’Environnement et de la Santé ont fait de la QAI un enjeu de santé publique en lançant en 2013 le Plan d’actions sur la qualité de l’air intérieur.

Ce plan prévoit des valeurs-guides qui définissent des seuils de concentration maximale en polluants dans l’air intérieur.

Les valeurs-guides sont fixées par l’ANSES (Agence Nationale de SEcurité Sanitaire), le HCSP (Haut Conseil de la Santé Publique) et l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Une valeur-guide détermine un objectif à atteindre et à ne pas dépasser dans un délai donné.

A l’inverse, les valeurs seuils fixent une limite au-delà de laquelle la concentration d’un polluant peut avoir un effet néfaste sur la santé : il est alors nécessaire d’intervenir pour rétablir la qualité d’air intérieur.

Avant la pandémie SARS-CoV-2, le cadre réglementaire français avait déjà fixé les premières échéances de surveillance de la QAI dans les ERP, toutefois sans obligation de remédiation :

  • 1er janvier 2018 pour les écoles maternelles, élémentaires et crèches, 
  • 1er janvier 2020 pour les accueils de loisirs et les établissements d’enseignement du second degré,
  • 1er janvier 2023 pour les autres ERP. (Bars, restaurants, boutiques, centres commerciaux, cabinets médicaux, …..)

(Décret n° 2015-1000 du 17 août 2015)

Surveillez votre qualité d’air intérieur en temps réel

Dans son avis du 28 avril 2021, le HCSP indique que le taux de renouvellement de l’air peut être approché facilement par la mesure de la concentration en dioxyde de carbone (CO2) dans l’air à des points et des moments représentatifs en période d’occupation. Ainsi le taux de CO2 est un indicateur de confinement qui permet de connaître la nécessité de renouveler l’air dans une pièce. En dessous de 800 ppm, l’aération est suffisante.

L’installation de capteurs CO2 dans les différentes pièces occupées vous permettra de surveiller votre qualité d’air intérieur.

Comment améliorer la qualité d’air intérieur ?

  1. Réduisez les sources de pollution intérieure 

En prévention, choisissez de préférence des matériaux “neutres” qui n’émettent pas de polluants. L’étiquetage des produits de construction ou de décoration comportant des substances polluantes est obligatoire pour les fabricants depuis le 1er septembre 2013 (Décret n° 2011-321 du 23 mars 2011 et arrêté du 19 avril 2011 (modifiés)). 

L’étiquette permet de connaître de façon simple et lisible le niveau d’émission en polluants volatils du produit :

Privilégiez les produits étiquetés A+ : ils sont peu émissifs et donc plus neutres pour la santé.

Si vous devez installer un système de chauffage ou le changer, choisissez de préférence des appareils de chauffage labellisés “Flamme verte” : ils sont plus performants et peu émissifs. 

En cas de construction de nouveaux bâtiments, vous pouvez vous référer aux labels de référence pour le secteur tertiaire :

  • Labels environnementaux pour la conception et la construction de bâtiments avec maîtrise de la qualité de l’air intérieur : NF HQE en France, BREEAM au Royaume-Uni et LEED aux Etats-Unis
  • Labels “Bien-Être” des salariés : WELL aux Etats-Unis et OSMOZ en France
  1. Renouvelez l’air

Pour évacuer le CO2 et l’humidité à l’intérieur d’un bâtiment, il est recommandé de renouveler l’air 10 à 15 fois par jour dans une pièce occupée. 

Ventiler en ouvrant les fenêtres 10 minutes par jour n’est donc pas suffisant. Dans certains cas, l’ouverture des fenêtres peut même faire pénétrer de nouveaux polluants à l’intérieur : particules fines issues du trafic routier, engrais et pesticides en milieu rural.

Un système de ventilation mécanique de type VMC ou CTA permet d’assurer un renouvellement d’air en continu : le système en place doit offrir un flux constant pour éviter la sensation de “courants d’air” et permettre d’adapter le débit en fonction de l’occupation des pièces.

L’utilisation de capteurs de CO2 vous permet d’évaluer en temps réel la performance de votre système de traitement d’air. 

Les purificateurs d’air sont-ils efficaces contre la COVID-19 ?

Dans son avis du 21 mai 2021 (lien vers l’avis publié), le HCSP préconise le recours à des purificateurs d’air mobiles équipés de filtres HEPA H13 ou H14, pour lutter contre la propagation des virus dans l’air. 

Il y a plusieurs critères à respecter pour vous assurer de la performance de votre purificateur d’air : 7 critères pour choisir un purificateur d’air.

 

Notes :

1 IFOP pour AIRPARIF / oct 2014