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Quand la qualité de l’air extérieur influe sur la qualité de l’air intérieur

26/05/2024

De nombreuses études confirment l’influence de la qualité de l’air extérieur sur l’air ambiant au sein des lieux clos (habitats, établissements). Quels sont les facteurs influençant le transfert des polluants extérieurs à l’intérieur et comment réduire ces sources de pollution au sein des bâtiments ? Les éléments de réponse dans cet article pour agir au mieux.

 

La constitution de l’air intérieur

Nous passons en moyenne 80 % de notre temps quotidien à l’intérieur des bâtis. Nous vivons, nous dormons, nous travaillons et nous vaquons essentiellement à nos occupations dans des espaces clos. La qualité de l’air intérieur est donc primordiale afin de maintenir un bon état de santé. Mais de quoi est composé l’air ambiant que nous respirons chaque jour au sein de nos espaces de vie ?

 

L’air intérieur est composé en grande partie d’oxygène et d’azote, deux composants essentiels à notre survie. À cela s’ajoutent différents composés organiques volatils (COV) résultant de nos activités. La construction même des bâtiments génère son lot de polluants, parmi lesquels les matériaux de construction (peintures, revêtements, isolants), ou encore les composants du mobilier intérieur.

 

L’énergie utilisée dans les bâtis dégage des substances parfois nocives, affectant la qualité de l’air intérieur. L’un des polluants les plus importants réside dans les microparticules issues de la combustion pour le chauffage (bois, fioul). 

 

L’entretien des lieux est également une source potentielle de pollution intérieure, en raison des substances chimiques entrant dans la composition des détergents et désinfectants. Par ailleurs, les produits destinés à assainir les pièces (bougies, encens, papier d’Arménie) dégagent des résidus de combustion particulièrement toxiques.

 

Le confinement de l’air intérieur peut entraîner une forte concentration de dioxyde de carbone. Le CO2 est naturellement présent dans l’air, car il est évacué par notre organisme à l’expiration de l’air. À des taux élevés à l’intérieur, les effets néfastes sur la santé sont significatifs.

 

Le CO2 à l’intérieur peut également provenir des sources de pollution extérieure. Les gaz d’échappement, les procédés industriels (combustion, utilisation d’hydrocarbures) pénètrent aussi les intérieurs, soit en aérant, soit en raison d’une isolation inefficace du bâtiment (ponts thermiques).

 

Les transferts de pollution de l’extérieur vers l’intérieur

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) permet de qualifier et de quantifier les effets de la pollution extérieure vers l’intérieur (Rapport de 2019). 

 

La méta-analyse basée sur 274 publications scientifiques est sans appel : il existe bel et bien un effet de transfert des principales sources de polluants recensées de l’extérieur vers l’intérieur.

 

La revue de littérature scientifique fait état de transferts possibles des composants suivants : 

 

  • ozone ;
  • monoxyde de carbone ;
  • dioxyde de soufre ;
  • dioxyde d’azote ;
  • benzène ;
  • arsenic ;
  • métaux lourds : plomb, mercure, nickel, cadmium.

 

La typologie et la caractérisation des transferts des polluants extérieurs vers l’intérieur restent difficiles à appréhender, tant les composés sont vastes et les contextes spécifiques. Cependant, le rapport présente les facteurs favorisant la pollution intérieure par les composants de l’air extérieur.

 

Les facteurs influant sur le transfert de pollution extérieure vers l’intérieur

De nombreuses conditions favorisent la présence de la pollution extérieure dans les locaux. Le fait de les énumérer permet de prendre conscience des facteurs susceptibles d’altérer la qualité de votre air intérieur.

 

L’intensité de la pollution de l’air extérieur

L’implantation géographique du bâtiment a un impact non négligeable quant à l’effet de pollution venant de l’extérieur. En toute logique, plus l’air extérieur est pollué, plus la probabilité de pollution à l’intérieur est élevée. Les habitats ou les établissements recevant du public situés en ville sont plus à risque qu’en milieu rural. Le trafic routier est plus dense, le tissu industriel l’est aussi. 

 

L’étanchéité des bâtiments

L’étanchéité d’un bâtiment correspond à la réalisation de son enveloppe externe, ayant pour fonction de l’isoler de l’extérieur. Depuis 2012, des seuils de perméabilité sont prévus dans le cadre de la réglementation thermique. Le premier objectif consiste à éviter les fuites thermiques au sein des bâtis. Mais cette politique présente également un impact positif en matière de réduction de la population. Une bonne étanchéité de l’enveloppe réduit la pollution venant de l’extérieur.

 

La qualité du système de ventilation

Les habitations et les établissements ont malgré tout besoin de disposer de bons mécanismes de ventilation afin de renouveler l’air intérieur et de réduire la pollution. Les ventilations mécaniques contrôlées (VMC) assurent une circulation maîtrisée des flux d’air, à condition de bien entretenir le système. Il en est de même pour les appareils de climatisation, nécessitant une maintenance régulière afin d’éviter l’accumulation de particules dans le système de filtration d’air.

 

Les conditions d’aération du bâtiment

Le confinement de l’air intérieur s’avère néfaste pour la santé des occupants du lieu. L’air non renouvelé au sein des locaux favorise une forte concentration de différents composants, notamment de dioxyde de carbone en raison de la respiration de chacun.

 

Il y a donc là un enjeu paradoxal. L’aération des espaces clos est une évidence pour réduire les polluants intérieurs, et par là même, fait entrer les polluants présents dans l’air extérieur. 

 

Les conditions météorologiques

Le vent et la pluie favorisent la dispersion des polluants présents à l’extérieur. Les particules fines sont ainsi balayées ou plaquées au sol et l’air est moins chargé en substances néfastes. En revanche, les conditions anticycloniques (soleil, sans vent) engendrent le maintien des particules dans l’air. Dans ce cas, les microparticules ont plus de probabilité de pénétrer à l’intérieur des locaux en cas d’aération.

 

Comment réduire les polluants extérieurs dans l’air intérieur ?

Les études l’attestent : la qualité de l’air extérieur influe sur la qualité de l’air intérieur. À cet effet, le Haut Conseil en Santé Publique (HCSP) préconise un certain nombre de bonnes pratiques afin de maîtriser cet enjeu pour la population. Par ailleurs, les réglementations en matière de qualité de l’air intérieur au sein des établissements recevant du public (ERP) intègrent cet enjeu.

 

En parallèle des pratiques de réduction des sources de pollution intérieure (solvants, produits d’entretien), le renouvellement régulier de l’air constitue un moyen incontournable pour équilibrer au mieux le transfert de pollution de l’extérieur vers l’intérieur.

 

Il faut garder en tête que les espaces clos représentent un risque accru de pollution en raison du confinement de l’air. Le fait de renouveler l’air est recommandé pour tous les lieux fermés, y compris en cas de pics de pollution à l’extérieur. La meilleure façon de procéder reste l’aération via des ouvrants naturels tels que les portes et les fenêtres, en générant un courant d’air afin d’optimiser le renouvellement. 

 

Pour les lieux particulièrement sensibles (pièces sans ouverture, lieux accueillant des publics fragiles) les purificateurs d’air représentent une solution satisfaisante. Ces appareils traitent l’air ambiant grâce à des filtres dont la technologie permet de capter la quasi-totalité des virus, des allergènes, des bactéries, et des particules fines. Voilà une bonne façon d’agir en faveur de la qualité de l’air intérieur, devenue enjeu de santé publique.